Consommateurs, serrez votre ceinture... vivrière

Modérateur: yann

Consommateurs, serrez votre ceinture... vivrière

Messagepar yann sur Mer 20 Avr 2011 23:37

Tapage 12 – Avril 2011


Consommateurs,
Serrez votre ceinture ?... vivrière


La « consommation responsable » est bien promue à défaut d’être couramment pratiquée, les Amap et autres formules de circuits courts alimentaires poussent comme des champignons, les médias regorgent de reportages dénonçant les méfaits de l’agriculture chimique pour notre santé. Pourtant, pour enrayer la spirale de la triple crise alimentaire, sanitaire et foncière ces timides avancées ne sauraient suffire. Chaque année la France perd 54 000 hectares de terres agricoles, soit l’équivalent d’un département tous les sept ans. Un agriculteur se suicide chaque jour de l’année. L’urgence d’un changement radical a sonné. C’est le sens que la campagne nationale pour une ceinture vivrière autour des villes souhaite redonner à notre société malade de son alimentation et de l’intégration de tous ses membres à « une vie bonne ».


C’est l’association Relocalisons qui lance en ce mois d’avril cette campagne destinée à durer plusieurs mois. Ce sont deux autres crises qui expliquent tout à la fois la raison d’être de cette association et la campagne qu’elle nous propose en ce début de printemps. Les crises énergétique et climatique imposent aux hommes le devoir d’inscrire autrement leur vie dans l’espace. La fin programmée des sources d’énergie dites fossiles et le réchauffement de la planète du à l’exponentielle production de gaz à effet de serre obligent à relocaliser les activités humaines, seul moyen efficace d’enrayer les processus mortifères en cours. Les multiples crises qui nous assaillent nécessitent d’interrompre l’étalement urbain anarchique, de décentraliser la production d’énergie, de produire le plus souvent possible là où les besoins sont ressentis. La manière dont les hommes assurent leur besoin de s’alimenter est au carrefour des cinq crises ci-dessus mentionnées. C’est donc là qu’il faut agir sans tarder. C’est là que l’intérêt général est probablement le plus a même d’être satisfait contre les oligarchies prédatrices copieusement nourries par trente ans de libéralisme économique débridé et d’incurie politique.

Le nombre d’exploitations agricoles a diminué de moitié en vingt ans en France tandis que leur surface moyenne a presque doublé. Les anciennes ceintures maraîchères aux portes des villes ont disparu, remplacées par des cultures céréalières d’exportation sans rapport avec les besoins de la population locale. La suppression de toutes barrières douanières et l’alignement sur les prix de vente internationaux les plus bas favorisent la spécialisation, les monocultures destinées à l’exportation et l’élevage industriel. Cette montée des exportations agricoles, destinées aux consommateurs les plus solvables, entraîne la disparition des cultures vivrières locales, ainsi que l’accaparement des terres par les firmes multinationales agro-alimentaires, provocant des famines dans les Pays du Sud, et accentuant les migrations. Cette compétition faussée par les subventions se fait au bénéfice exclusif de l’agriculture la plus industrielle et concerne une minorité d’agriculteurs. L’Europe a fait le choix d’une politique de subventions massives au modèle productiviste. Le revenu agricole provient en large part de la chasse aux subventions, lesquelles représentent plus de 50% du revenu agricole moyen dans l’Union Européenne. Ce système valorise la recherche de la productivité au détriment de l’emploi et de la justice sociale envers les Pays du Sud où nous exportons à bas prix nos productions subventionnées, détruisant ainsi leurs propres filières de production. Cette politique se détourne également de la forte demande des consommateurs pour des produits sains et respectueux de l’environnement. Ainsi, en France, l’agriculture biologique n’occupe que 2,5 % des surfaces cultivées. Les importations représentent 38% de la valeur totale des produits « bio » consommés. Les orientations récentes des subventions européennes en faveur des agrocarburants aggravent la pénurie de terres agricoles. L’objectif de 5,75 % de carburants d’origine agricoles pour nos transports conduirait à utiliser près de 20 % des terres arables à cet effet avec un bilan écologique quasi nul. Ce florilège est dramatique !

La campagne nationale lancée par Relocalisons pour changer radicalement cette situation désastreuse s’adresse à la fois aux responsables politiques, aux agriculteurs et aux citoyens.
Aux responsables politiques il est demandé :
1 - de prendre des mesures efficaces et immédiates pour protéger durablement les zones agricoles ;
2 - d’affecter les terres préservées à l’alimentation des populations locales par une agriculture paysanne et biologique diversifiée (maraîchage, arboriculture, céréales, etc.) dans le respect de l’environnement et de la biodiversité et en économisant l’eau et les ressources énergétiques ;
3 - de permettre l’installation de nouveaux paysans par la location de terres achetées par les Départements, les Régions et des coopératives d’achat ;
4 - de permettre une alimentation saine et de proximité par l’assurance de leurs débouchés aux producteurs de proximité en bio pour la restauration collective (établissements scolaires, hôpitaux, maisons de retraite, etc.) et la garantie d’un prix d’achat rémunérateur et équitable pour les producteurs ;
5 – d’élaborer un projet de développement pérenne de l’agriculture vivrière
6 - de financer intégralement une recherche publique agricole indépendante.
A chaque agriculteur il est demandé :
1 - de céder ou de mettre à disposition une ou plusieurs de ses parcelles qu’il ne peut ou ne veut exploiter à une réserve foncière (régie municipale, départementale ou Régionale ou coopérative) dans le but d’installer de nouveaux paysans ;
2 - de favoriser, dans la mesure du possible, les circuits courts, pour l’écoulement de sa production.
A chaque citoyen il est demandé :
1 - de participer à cette campagne en sollicitant dans chaque ville ses élus, et les agriculteurs autour de l’agglomération et de faire connaître dans sa région les terres vivrières en danger ;
2 - de lancer ou d’appuyer partout où cela est possible des initiatives locales qui agissent pour l’agriculture vivrière de proximité : Jardinage, qu’il soit individuel ou collectif, dans les écoles et collèges ;
3 - de soutenir financièrement par ses achats : l’agriculture et l’alimentation de proximité (artisans et producteurs locaux, vente à la ferme, marchés de producteurs), et de les soutenir par l’épargne solidaire dans le rachat collectif de terres agricoles orienté vers l’alimentation locale ;
4 - de semer des graines, planter des arbres fruitiers partout où cela est possible en ville et en périphérie urbaine.

L’appel pour cette campagne nationale s’inscrit très clairement dans un projet de construction d’une économie de la restitution pour tous en remplacement de l’actuelle économie de confiscation au profit de quelques-uns. C’est aussi assurément un projet d’éducation populaire. Pour ces deux ultimes raisons majeures nous devons le signer. Chacun en trouvera le texte détaillé sur le site de l’association Relocalisons : WWW .relocalisons.org. Il n’est plus temps d’attendre.

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